Jalandhara bandha
Étymologie : Littéralement, la contraction du porteur des lacs.
Symbolique :
Dans ce geste il y a une forte contraction de la gorge qui correspond au cakra vishudda.
Les lacs évoqués sont le nectar lunaire nommé l’Amrîta, qui dans la mythologie est le nectar d’immortalité des dieux ; la contraction le retient comme un barrage retient l’eau, pour qu’il n’aille pas brûler pas dans le feu de Manipura.
Si l’on retient cet Amrîta, ce n’est pas avec la croyance illusoire de devenir immortel comme les Dieux, mais pour prolonger la vie afin d’avoir la possibilité d’augmenter le temps nécessaire à trouver l’éveil. Car d’après les textes traditionnels, chaque être humain a une certaine dose de nectar lunaire, c'est-à-dire d’énergie vitale, à la naissance qui est comparé à l’ambroisie lunaire
Cette énergie vitale – la quantité de puissance qu’on a à la naissance – est propre à chacun, de même que le nombres de souffles à respirer et qui change suivant la fréquence de ces souffles. Tout cela détermine la durée de vie de chaque individu.
Donc la vie va durer X année suivant ce qui est prévu
But recherché
Mais avec ces pratiques de yoga liées au souffle, il est possible de faire durer le nectar d’immortalité, de l’économiser pour ainsi dire, et ainsi, la vie va se prolonger.
Pour les yogis, prolonger la vie donne une chance supplémentaire de trouver l’éveil.
D’une manière générale et de façon plus « basique », cette technique permet que l’énergie reste bien concentrée dans les deux corps physiques et énergétiques et ne fuie pas à l’extérieur. Si tout circule bien, le corps mental est plus posé, moins réactif.
En la faisant, le souffle frotte dans la gorge serrée en ce qu’on appelle ujjayin, technique qui permet de subtiliser le souffle.
Pour la faire, il suffit de baisser le menton jusqu’à toucher la peau, tout en gardant le dos bien droit.
Les bienfaits
- Sur le plan physiologique : ce geste régule l’activité cardiaque
- Stimule la thyroïde, le système endocrinien
- Pendant de longues rétentions de souffles, le corps va envoyer des signaux au cœur, et le cœur s’accélère. Jalandhara régule cette activité
- Stimule énormément des énergies de la gorge, donc de Uddana, ce qui créée l’alchimie et permet la subtilisation du souffle
C’est un bandha essentiel qu’on utilise pour les grandes rétentions et aussi parfois dans certaines postures pour stimuler l’énergie.
Quand on fait le souffle de Ujjayin, comme pranayama pendant une séance, on prend cette technique pour accentuer la puissance
Quant à Uddyana bandha, - le verrou du ventre - la technique consiste à aspirer le ventre pendant souvent sur une rétention à vide, mais c’est aussi un mudra à part entière. On le rétracte et on le tire ver le haut.
Comme « simple geste », il permet de mettre toute l’énergie sous tension afin que celle-ci emplisse, là encore, toute la structure énergétique, qui se diffuse à partir de Manipura, et ne fuit plus par la base, où mulabandha – le verrou racine – est maintenu avec fermeté, car le vayu apana – un des courant d’énergie de la structure énergétique qui entraîne les énergies à fuir par le bas – inverse son cours
Tous ces bandhas utilisés dans les postures ou les souffles peuvent devenir un seul et même mudra (un article consacré à celui-ci plus tard)
Ainsi est stimulé ce que l’on appelle l’urdva retas, c'est-à-dire la « remontée » des énergies qui redressent l’individu au sens propre comme au figuré.
Il cesse d’être un « Pashu » qui subit sa destinée sans aucune liberté.
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